La en langues africaines fait l’objet de nombreux colloques, avec une question qui revient toujours : « Ecrire dans les langues africaines oui, mais le public concerné est-il intéressé ? »

Nous vous avons posé la question à vous ! Votre enthousiasme nous a convaincu que vous êtiez prêts à lire des romans dans vos langues maternelles. 

Nous avons donc décidé de mettre en lumière ces auteurs qui ont choisi d’écrire dans leur langue maternelle, par défi, par envie, ou simplement en tant qu’héritier d’une tradition littéraire dans leur langue maternelle.

Thomas Mafolo, Ngugi Wa Thiong’o, Boubacar Boris Diop, Ken Walibora, Richard Ali A Mutu
  • Thomas Mafolo (sesotho, Lesotho), le précurseur
  • N’Gugi Wa Thiongo (, Kenya),  le révolutionnaire
  • Samba Niaré (), l’oiseau rare  
  • Ken Walibora (), le naturel
  • Boubacar Boris Diop (), le convaincu
  • Richard Ali A Mutu (), le vent d’air frais

pour n’en citer que quelques-uns sont presque tous auteurs d’un ou de plusieurs ouvrages dans leur langue maternelle.

Voici une liste non-exhaustive. Lorsque nous avons pu, nous vous avons mis le lien de la maison d’édition pour vous permettre de vous procurer l’ouvrage. 

Thomas Mafolo (Sesotho)

C’est à la pointe du continent que l’on retrouve celui que nous avons surnommé « le précurseur ». Thomas Mafolo est un pionnier de la littérature africaine dans une langue endogène sur le continent. Nous sommes au début des années 1900 lorsqu’il publie son premier ouvrage en lesotho, langue vernaculaire d’ du Sud. Il débute par des écrits d’ordre religieux et reçoit les encouragements des missionnaires étrangers du pays.

Ils lui tourneront le dos à cause de son dernier ouvrage Chaka qui retrace la vie du roi et guerrier Zulu.

Ngugi Wa Thiong’o (Kikuyu)

« Le révolutionnaire ». Auteurs de plusieurs romans à succès, le kenyan Ngugi wa Thiong’o  écrit « Decolonizing the mind » où il explique l’importance pour les d’écrire dans leurs langues maternelles. Il y décrit son parcours et la réappropriation de sa langue dans ses écrits, ainsi que ses premiers essais à travers le théâtre. La réception des habitants de son lieu natal l’encourage et il a l’impression d’enfin s’adresser aux siens. Le but de cet ouvrage est de transmettre sa prise de conscience à ses homologues écrivains. Il suit alors son propre conseil et débute et publie une série d’écrits en kikuyu (pièces de théâtre, romans) dont la majorité rencontrera un franc succès au Kenya.

Pour l’anecdote, en 1986 les autorités iront jusqu’à lancer un mandat d’arrêt contre l’énigmatique Matigari, dont tout le monde parle en ville. En réalité, il s’agit du héros et du titre d’un roman policier de l’auteur. Ngugi Wa Thiong’o publie  5 œuvres en kikuyu.

Matigari ma Njiruungi, 1986

Samba Niaré (Bambara)

« L’oiseau rare ». Il est intéressant de noter que Samba Niaré a d’abord rédigé son ouvrage en français avant de la traduire en bambara. Kanuya Wale (Un acte d’amour) décrit une romance sur fond de société malienne. Cet unique ouvrage entremêlant plusieurs histoires est édité en trois volumes.  

Kanuya Wale, 1996, Somed Société Malienne d’Editions, Bamako

Ken Walibora (Swahili)

« Le naturel ». Ken Walibora est un jeune écrivain kenyan. Il appartient à une longue tradition littéraire et lignée d’auteurs tanzaniens et kenyans qui écrivent en swahili. Auteur jeune et connecté, il publie, au-delà de ses nombreux romans, des nouvelles sur sa page Facebook chapitre par chapitre.  

Quelques romans :

Siku Njema, 1996, Longhorn Publishers Ltd, Nairobi

Ndoto ya Amerika, 2001, Sasa Sema Publications, Nairobi

Boubacar Boris Diop (Wolof),

« Le convaincu ». On ne présente plus l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop. Auteur renommé, il se tourne pour la première fois vers le wolof en 2003 avec « Doomi Goolo » (Les petits de la guenon), et vient de publier son deuxième « Bàmmeelu Kocc Barma » paru en 2018. En 2016, il mène le projet de traduction et publication en wolof de trois « classiques » de la littérature africaine : « Une saison au Congo » d’Aimé Césaire, « Une si Longue Lettre » de Mariama Ba et  « L’Africain » de JMG Le Clézio, sous la collection Céytu. 

Source : Article “Qui a peur du wolof”, Boubacar Boris Diop

Bataaxal bu gudde nii (Une si longue lettre), de Mariama Bâ,

Baay sama, doomu Afrig (L’Africain), de JMG Le Clézio,

Nawetu deret (Une saison au Congo), d’Aimé Césaire,

2016, Collection Céytu, Éditions Zulma & Mémoire d’encrier

Richard Ali A Mutu (Lingala)

« Le souffle d’air frais ». Richard Ali A Mutu, auteur de « Ebamba Kinshasa Makambo » est un jeune avocat. Ce roman dépeint l’histoire d’un jeune fiancé convoité par une autre femme, avec en fond de toile la capitale kinoise. Son ouvrage, est le premier roman rédigé en lingala traduit vers l’anglais.

Disponible sur :

– Amazon (d’après les commentaires, le livre est accessible « même pour des débutants en lingala »)

– Editions Mabiki : à 5,00 euros sur le site www.mabiki.net, qui soutient des projets comme l’éducation en République Démocratique du Congo et publie plusieurs livres en lingala.